Voici en gros notre expérience de trekking chez les tribus du Nord du Laos.
Avant de vous décrire cette expérience, je veux préciser que le Laos est un pays très intéressant et facile à visiter. Les gens sont très accueillants et très honnêtes. Nous voyageons toujours en sécurité et c’est comme ça que nous avons fait ce trek de trois jours pour visiter les tribus. Après trois semaines faciles à voir de bien belles choses, c’est comme si on avait envie de vivre une aventure plus palpitante.
Nous sommes à Louang Namtha, dans le Nord du Laos, à quelques dizaines de km de la Chine. On magasine dans les agences de trekking et on achète nos trois jours de trek dans la jungle, un « tout inclus », avec guide certifié, guides locaux et le coucher chez l’habitant.
Nous partons Diane et moi avec notre petit sac à dos contenant notre linge et nos affaires personnelles essentielles pour 3 jours de randonnée. Nous allons à l’agence à deux pas de notre hôtel et signons notre contrat et la formule qui dégage l’agence de toutes responsabilités en cas d’accident ou de maladie. Nous allons d’abord faire l’épicerie au marché local avec notre guide Noy et on part en taxi pour faire 25 km de chemin tout tordu à travers des montagnes très abruptes, le décor où nous allons marcher.
Notre taxi s’arrête dans un petit village où nous attend notre porteur qui prend sur son dos l’épicerie et nos provisions d’eau pour 3 jours. La randonnée commence. Nous marchons dans un chemin très mince ou des fonds de rivières sèches dans ces montagnes abruptes; en cours de route, notre guide nous renseigne sur les arbres, les plantes comestibles ou médicinales. Le midi, nous nous arrêtons pour le dîner que l’agence a préparé. Pour servir, le guide étend quelques feuilles de bananier sur le sol et vide le contenu des sacs de plastique dessus. On pige là-dedans avec les doigts.
Vers la fin de l’après-midi, nous arrivons dans le petit village de Nam Leuang. C’est un village de la tribu Akha: une ethnie qui est venue de la Chine il y quelques centaines d’années. Ces villages s’établissent dans un endroit ou la rivière passe dans une vallée où il est possible de cultiver du riz. La quantité de personnes dans le village est déterminée par la quantité de riz qui peut être cultivé. Il y a environ 15 à 20 maisons, des huttes de bambou avec un toit de pailles, construites dans le flanc de la montagne pour ne rien enlever aux terres cultivables. Elles sont en général à peu près grandes comme mon salon, sans divisions; on fait la cuisine dans un coin de la hutte et la fumée sort à travers le toit de paille. On jette l’eau par une ouverture sans porte; les toilettes turques sont à quelques mètres de la maison, dans une vieille cabane faite de lattes de bambous avec une poche de plastique servant de porte. Les maisons sont sur pilotis, les animaux vivent sans enclos tout autour et un peu partout dans le village. Chaque famille a sa portée de cochons, ses canards, ses chiens, ses poules et ses poussins. Tous ces animaux vivent tout mélangés avec ceux des voisins et quand le propriétaire nourrit ses animaux, il chasse à coup de bâton ceux des voisins. Les gens vivent à travers les animaux, les enfants marchant pieds nus dans la poussière et tout le reste. La nuit chacun enferme ses propres poules dans une cage d’osier en-dessous de sa maison. Chacun a son coq aussi et c’est le concert qui commence à n’importe quelle heure de la nuit; aussitôt que l’un d’eux commence, tous les autres entament leur cocorico et on en a pour 15 minutes à chaque fois.
Après le premier coup d’oeil sur le village on se dirige vers la maison du chef du village où nous passerons la nuit. On passe à travers les cochons et les chiennes maigres avec leurs petits qui braillent pour téter un peu de lait et on arrive à notre gite. Il faut enlever nos chaussures avant d’entrer (peut-être pour ne pas les salir!). On obéit à la coutume et on continue à marcher dans la poussière pour monter l’escalier et nous rendre à l’étage de la maison.
Le maire est l’une des personnes les plus riches du village; il a un toit de tôle et une maison à 2 appartements. Nous entrons dans la partie cuisine, grande comme mon salon, un feu dans le coin, pas de cheminée, une galerie avec les chaudières d’eau que l’on est allé chercher à la fontaine du village. Nous traversons dans l’autre pièce où est notre lit: un matelas très mince sur un plancher de bois et un filet pour nous protéger des moustiques. Il y a de la place pour coucher un douzaine de personnes et les seules divisions sont les filets anti moustiques. Notre guide prépare notre lit et on voit lever le nuage de poussière lorsqu’il étend les couvertures. Étant donné la richesse du propriétaire, cette maison est faite la moitié en planches et le reste en lattes de bambous. Il n’y pas de pignon pour permettre à l’air (et à la poussière) de circuler.
Pendant que le propriétaire nous prépare le souper, nous allons faire un tour dans le village avec notre guide qui nous a offert d’aller nous laver à la fontaine. C’est une chantepleure à 1.5 mètre du sol sur une plaque de ciment. Il y a beaucoup de circulation puisque les gens ont terminé leur journée de travail et le souper approche. On y voit les femmes qui viennent chercher l’eau: deux chaudières de 3 gallons aux bouts d’un bâton que l’on porte sur l’épaule. En même temps, elles en profitent pour prendre leur douche; elles se lavent habillée de leur sarong, un morceau de tissus enroulé en dessous des épaules et descendant jusqu’aux genoux. Les hommes eux se lavent simplement avec leur bobette. Diane n’ose pas se laver parce qu’elle montrerait plus de peau que les autres femmes.
Pendant notre tournée, le chef du village a préparé le souper. Excellent. Nous mangeons sur une table basse, assis par terre. On pige tous dans les mêmes plats avec les mains ou la cuillère pour les touristes. Nous mangeons, Diane, le guide, le chef du village et moi. La femme du chef et les autres membres de la famille mangerons les restes après nous. Les touristes amènent beaucoup d’argent dans le village. Ordinairement, les gens ne mangent que ce qu’il cultive, surtout du riz, et ce qu’ils ramassent dans le bois; nous avons même vu un homme faire cuire un écureuil sur un feu près de sa maison. Ce sont les hommes qui font la cuisine et les femmes qui nourrissent les animaux et transportent l’eau.
Nous nous couchons très tôt parce que la journée de marche a été fatigante et parce que l’électricité qui ne sert que pour l’éclairage est très faible et rare. Les nuits sont froides mais nous avons de bonnes couvertures épaisses... et pleines de poussière.
Le lendemain matin, le chef prépare le dîner en même temps que le déjeuner. Nous demandons à notre guide s’il est possible de continuer notre trek dans les chemins de moto plutôt qu’à travers la jungle car on a assez de marcher dans la jungle car il faut toujours marcher le nez collé au sol pour voir où on marche. Pas de problème, le trek se continue donc à travers les rizières et les chemins de moto entre les villages.
Nous arrivons dans notre deuxième village. Plus riche celui-là. Les gens sont plus accueillants. Nous visitons. Les femmes font du vin de riz qu’elles vont vendre au marché en ville. Tout le monde s’occupe à divers travaux. La structure du village est à peu près la même que l’autre sauf qu’il y a plus de maisons avec des toits de tôle.
Le soir après souper, le guide nous offre de questionner le maire du village autour d’un feu de camp. Nous apprenons ainsi avec fierté que c’est grâce à un projet canadiens qu’ils ont la fontaine au centre du village et leurs toilettes turques près de chaque maison.
Le lendemain, notre 3ème journée est assez facile. Nous revenons à Louang Namtha dans le confort de notre beau guesthouse, très content de cette expérience. Nous aimons beaucoup le Laos.

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