samedi 27 février 2010

Trekking chez les tribus au Laos





Voici en gros notre expérience de trekking chez les tribus du Nord du Laos.

Avant de vous décrire cette expérience, je veux préciser que le Laos est un pays très intéressant et facile à visiter. Les gens sont très accueillants et très honnêtes. Nous voyageons toujours en sécurité et c’est comme ça que nous avons fait ce trek de trois jours pour visiter les tribus. Après trois semaines faciles à voir de bien belles choses, c’est comme si on avait envie de vivre une aventure plus palpitante.

Nous sommes à Louang Namtha, dans le Nord du Laos, à quelques dizaines de km de la Chine. On magasine dans les agences de trekking et on achète nos trois jours de trek dans la jungle, un « tout inclus », avec guide certifié, guides locaux et le coucher chez l’habitant.

Nous partons Diane et moi avec notre petit sac à dos contenant notre linge et nos affaires personnelles essentielles pour 3 jours de randonnée. Nous allons à l’agence à deux pas de notre hôtel et signons notre contrat et la formule qui dégage l’agence de toutes responsabilités en cas d’accident ou de maladie. Nous allons d’abord faire l’épicerie au marché local avec notre guide Noy et on part en taxi pour faire 25 km de chemin tout tordu à travers des montagnes très abruptes, le décor où nous allons marcher.

Notre taxi s’arrête dans un petit village où nous attend notre porteur qui prend sur son dos l’épicerie et nos provisions d’eau pour 3 jours. La randonnée commence. Nous marchons dans un chemin très mince ou des fonds de rivières sèches dans ces montagnes abruptes; en cours de route, notre guide nous renseigne sur les arbres, les plantes comestibles ou médicinales. Le midi, nous nous arrêtons pour le dîner que l’agence a préparé. Pour servir, le guide étend quelques feuilles de bananier sur le sol et vide le contenu des sacs de plastique dessus. On pige là-dedans avec les doigts.

Vers la fin de l’après-midi, nous arrivons dans le petit village de Nam Leuang. C’est un village de la tribu Akha: une ethnie qui est venue de la Chine il y quelques centaines d’années. Ces villages s’établissent dans un endroit ou la rivière passe dans une vallée où il est possible de cultiver du riz. La quantité de personnes dans le village est déterminée par la quantité de riz qui peut être cultivé. Il y a environ 15 à 20 maisons, des huttes de bambou avec un toit de pailles, construites dans le flanc de la montagne pour ne rien enlever aux terres cultivables. Elles sont en général à peu près grandes comme mon salon, sans divisions; on fait la cuisine dans un coin de la hutte et la fumée sort à travers le toit de paille. On jette l’eau par une ouverture sans porte; les toilettes turques sont à quelques mètres de la maison, dans une vieille cabane faite de lattes de bambous avec une poche de plastique servant de porte. Les maisons sont sur pilotis, les animaux vivent sans enclos tout autour et un peu partout dans le village. Chaque famille a sa portée de cochons, ses canards, ses chiens, ses poules et ses poussins. Tous ces animaux vivent tout mélangés avec ceux des voisins et quand le propriétaire nourrit ses animaux, il chasse à coup de bâton ceux des voisins. Les gens vivent à travers les animaux, les enfants marchant pieds nus dans la poussière et tout le reste. La nuit chacun enferme ses propres poules dans une cage d’osier en-dessous de sa maison. Chacun a son coq aussi et c’est le concert qui commence à n’importe quelle heure de la nuit; aussitôt que l’un d’eux commence, tous les autres entament leur cocorico et on en a pour 15 minutes à chaque fois.

Après le premier coup d’oeil sur le village on se dirige vers la maison du chef du village où nous passerons la nuit. On passe à travers les cochons et les chiennes maigres avec leurs petits qui braillent pour téter un peu de lait et on arrive à notre gite. Il faut enlever nos chaussures avant d’entrer (peut-être pour ne pas les salir!). On obéit à la coutume et on continue à marcher dans la poussière pour monter l’escalier et nous rendre à l’étage de la maison.

Le maire est l’une des personnes les plus riches du village; il a un toit de tôle et une maison à 2 appartements. Nous entrons dans la partie cuisine, grande comme mon salon, un feu dans le coin, pas de cheminée, une galerie avec les chaudières d’eau que l’on est allé chercher à la fontaine du village. Nous traversons dans l’autre pièce où est notre lit: un matelas très mince sur un plancher de bois et un filet pour nous protéger des moustiques. Il y a de la place pour coucher un douzaine de personnes et les seules divisions sont les filets anti moustiques. Notre guide prépare notre lit et on voit lever le nuage de poussière lorsqu’il étend les couvertures. Étant donné la richesse du propriétaire, cette maison est faite la moitié en planches et le reste en lattes de bambous. Il n’y pas de pignon pour permettre à l’air (et à la poussière) de circuler.

Pendant que le propriétaire nous prépare le souper, nous allons faire un tour dans le village avec notre guide qui nous a offert d’aller nous laver à la fontaine. C’est une chantepleure à 1.5 mètre du sol sur une plaque de ciment. Il y a beaucoup de circulation puisque les gens ont terminé leur journée de travail et le souper approche. On y voit les femmes qui viennent chercher l’eau: deux chaudières de 3 gallons aux bouts d’un bâton que l’on porte sur l’épaule. En même temps, elles en profitent pour prendre leur douche; elles se lavent habillée de leur sarong, un morceau de tissus enroulé en dessous des épaules et descendant jusqu’aux genoux. Les hommes eux se lavent simplement avec leur bobette. Diane n’ose pas se laver parce qu’elle montrerait plus de peau que les autres femmes.

Pendant notre tournée, le chef du village a préparé le souper. Excellent. Nous mangeons sur une table basse, assis par terre. On pige tous dans les mêmes plats avec les mains ou la cuillère pour les touristes. Nous mangeons, Diane, le guide, le chef du village et moi. La femme du chef et les autres membres de la famille mangerons les restes après nous. Les touristes amènent beaucoup d’argent dans le village. Ordinairement, les gens ne mangent que ce qu’il cultive, surtout du riz, et ce qu’ils ramassent dans le bois; nous avons même vu un homme faire cuire un écureuil sur un feu près de sa maison. Ce sont les hommes qui font la cuisine et les femmes qui nourrissent les animaux et transportent l’eau.

Nous nous couchons très tôt parce que la journée de marche a été fatigante et parce que l’électricité qui ne sert que pour l’éclairage est très faible et rare. Les nuits sont froides mais nous avons de bonnes couvertures épaisses... et pleines de poussière.

Le lendemain matin, le chef prépare le dîner en même temps que le déjeuner. Nous demandons à notre guide s’il est possible de continuer notre trek dans les chemins de moto plutôt qu’à travers la jungle car on a assez de marcher dans la jungle car il faut toujours marcher le nez collé au sol pour voir où on marche. Pas de problème, le trek se continue donc à travers les rizières et les chemins de moto entre les villages.

Nous arrivons dans notre deuxième village. Plus riche celui-là. Les gens sont plus accueillants. Nous visitons. Les femmes font du vin de riz qu’elles vont vendre au marché en ville. Tout le monde s’occupe à divers travaux. La structure du village est à peu près la même que l’autre sauf qu’il y a plus de maisons avec des toits de tôle.

Le soir après souper, le guide nous offre de questionner le maire du village autour d’un feu de camp. Nous apprenons ainsi avec fierté que c’est grâce à un projet canadiens qu’ils ont la fontaine au centre du village et leurs toilettes turques près de chaque maison.

Le lendemain, notre 3ème journée est assez facile. Nous revenons à Louang Namtha dans le confort de notre beau guesthouse, très content de cette expérience. Nous aimons beaucoup le Laos.

jeudi 24 décembre 2009

Myanmar

MYANMAR
Nous y sommes entrés en fous: 9 heures d’autobus de nuit, de Chiangmai à Bangkok; on saute ensuite dans un taxi pour se rendre à l’aéroport et on part pour Yangon, la métropole du Myanmar.

Quels chocs! D’abord, la conduite automobile: Chez nous, le volant est à gauche et on conduit à droite; en Thaïlande, le volant est à droite et on conduit à gauche; au Myanmar, le volant est à gauche et on conduit à gauche. Il y a de quoi capoter.

Deuxième choc: la plupart des hommes portent une jupe longue jusqu’aux chevilles, une espèce de drap coloré, les 2 bouts cousus ensemble. Ils entrent dedans et le nouent à la taille.

Troisième choc: notre chambre. Ça pue le vieux tapis tout sale et moisi. On a réussi à changer pour une chambre sans tapis, et qui pue un peu moins. Un peu découragés, on se demande bien ce qu’on est venu faire ici. Les chocs se suivent et ne se ressemblent pas.
4ème choc: la pagode Shwedagon, la plus belle pagode au monde. On n’a jamais rien vu de si beau depuis qu’on voyage. Un émerveillement époustouflant...

5ème choc: l’autobus à air climatisé. Pour eux, quand l’AC fonctionne, il n’y a qu’un seul bouton de control: le ventilateur. Il faisait aussi froid dans l’autobus qu’en hiver chez nous. Les gens avaient des polars à capuchon et des couvertures. Les chauffeurs ne savent pas qu’il y a aussi un control pour la température. On a gelé toute la nuit, pendant 12 heures de temps pour se rendre à Mandalay.
MANDALAY
6ème choc: Mandalay. Un million d’habitants, 150 monastères, 70,000 moines. On est au Myanmar. On se croirait au Moyen-âge. On a loué un taxi pour une visite d’une journée. Il nous a amenés voir, bien sûr, des pagodes et des temples mais il nous a aussi fait visiter quelque chose qui m’a donné un violent choc culturel.

Le choc des valeurs
On arrive dans une rue en construction et on doit faire une centaine de mètres pour visiter une fabrique de feuilles d’or pour décorer les bouddhas.
La rue en construction: des hommes et des femmes transportent à la main des pierres grosses comme ma tête pour faire les fondations de la rue. Quand les pierres sont trop grosses, des hommes les cassent à coups de masse. Il faut dire ici que Mandalay est une ville très poussiéreuse, les rues sont mal faites, les trottoirs tout brisées, etc.

La fabrique de feuilles d’or: Nous entrons dans une boutique au fond de laquelle 6 hommes aplatissent à coup de masses de petits morceaux d’or pour en faille de très minces feuilles pour décorer les bouddhas. Je vous dis qu’ils frappent fort et longtemps pour faire ce travail avec une masse très lourde. Encore plus au fond de cette bâtisse, dans un petit appartement qui ressemble à un cachot, des femmes frappent à coup de bâton sur des morceaux de bambous pour faire des feuilles de papier de bambou qui serviront à séparer les feuilles d’or et les mettre en pile. Elles frappent fort et dru, il fait très chaud et humide.

Nous visitons ensuite le fameux Bouddha d’or très vénéré par les pèlerins. Il a environ 7 mètres de haut et les gens collent des feuilles d’or sur son corps pour lui rendre hommage. J’ai lu que ce Bouddha avait 20 cm d’épais de feuilles d’or sur son ventre.

Comparaison, le choc des valeurs:

Je compare les gens qui cassent à coups de masse des pierres pour faire la rue et ceux qui aplatissent à coups de masse des feuilles d’or pour vénérer un Bouddha qui en a déjà 20 cm d’épais sur son ventre. Je vois aussi des touristes donner de l’argent aux travailleurs et travailleuses, pas ceux de la rue, mais ceux qui aplatissent les feuilles d’or et qui font le papier de bambou. Je me demande lequel de ces travaux est le plus utile. Je trouve la philosophie bouddhique très belle mais lorsqu’on en fait une religion, ça devient comme Karl Marx le disait, « l’opium du peuple». Comment nous les touristes contribuons-nous à maintenir les gens dans leur misère? En donnant des pourboires à ceux qui adorent une statue? Je n’ai jamais vu un touriste donner un pourboire à ceux qui font une rue.

Les vrais monastères
Nous sommes à Mandalay, la 2ème ville du Myanmar. Un chauffeur de taxi que nous avions utilisé pour nous rendre à notre hôtel, nous a offert de visiter un monastère peu touristique en dehors de la ville. Ce chauffeur avait l’air bien correct et nous avons accepté. Je vous raconte comment fonctionne ce monastère authentique, digne des premiers temps du bouddhisme.

En plus d’une trentaine de moines seniors, il y avait une cinquantaine de jeunes moines entre 10 et 17 ans. Ils suivent le même code de discipline décrit dans les canons bouddhiques depuis plus de 2000 ans. Ils se lèvent à 4 heures du matin et récitent des prières jusqu’au moment de partir quêter leur nourriture en ville. On les voit alors défiler à la queue leu leu avec leur bol pour recueillir les dons de la population. Après déjeuner jusqu’au diner, ils étudient les vieux écrits en langue pali, une langue qui ne se parle plus aujourd’hui. Après diner, c’est la sieste, pendant quelques heures. Ensuite, encore les classes; ils apprennent par cœur les prières en pali. Après les classes, pas de souper, une simple tisane.

On arrive là vers 5 h PM et on entend une cacophonie de chants, c’est un groupe d’une vingtaine de jeunes moines qui répètent les prières chantées en pali, chacun pour soit, sans chef d’orchestre. Ils s’arrêtent tous en même temps et s’éparpillent ici et là pour exécuter certaines tâches: ramasser des feuilles, arroser les jardins...
Et nous on est là, ils nous jettent de petits coups d’œil discrets, quasiment comme si on n’existait pas. Nous sommes toujours accompagnés de notre chauffeur de taxi qui a lui-même fait son noviciat dans un monastère. Il nous explique leur façon de vivre et répond à nos questions avec une grande amabilité. Il a 42 ans, célibataire et il travaille pour nourrir sa mère et sa sœur qui travaille dans une banque et gagne 45$ US par mois alors que le loyer en coûte 50. Il dit que quand sa mère sera morte et que sa sœur se mariera, il va retourner au monastère et sera moine à nouveau.

Nous sommes près du lieu de rassemblement et on voit arriver les jeunes novices et les séniors en file et en silence. Ils entrent dans la salle, s’assoient par terre et récitent encore des prières devant la statue d’un immense Buddha. Ils sortent tous à reculons pour ne pas tourner le dos au Buddha, encore en file indienne; les jeunes vont s’asseoir par terre dans un autre endroit et ils récitent le code de discipline. La seule condition pour rester dans ce monastère, c’est de suivre le code de discipline qui est le même qui celui des moines des premiers temps du bouddhisme. Pendant ce temps, le maître vient nous voir et nous offre de répondre à nos questions. Après la récitation, les novice sortent à reculons encore et nous retournons à notre hôtel tout imprégnés de cette atmosphère spirituel et pleins de réflexions sur ce que nous venons de vivre.
PAGAN
Ce qui attire les touristes ici, c’est qu’il y a plus de 2000 temples, pagodes et monastères dans une superficie de 42 km carrés. Nous visitons ça en taxi: un petit cheval attelé sur une charrette du genre qu’on appelait banneau dans l’ancien temps chez nous.

LE LAC INLE

Ce lac est vraiment spécial: il a une vingtaine de km de long, il n’a que 1 ou 2 mètres de profond et la moitié de sa superficie est en marais ou en jardins flottants. Il y a plusieurs villages autour, construits sur pilotis. Bien sûr, il n’y a pas d’autos, la circulation se fait en pirogue ou en long bateau d’un mètre de large.

Nous avons visité différents ateliers d’artisanat: orfèvrerie, fabrique de papier à parasol, fabrique de cigarettes, et tout ça fait à la main.

Nous avons failli aussi visiter un village de femmes à long cou. À la fabrique de papier, il y en avait trois et Diane a eu le choc en les voyant. Elles faisaient pitié, ce n’était pas beau de voir maintenir une tradition d’automutilation, Nous avons donc refusé de visiter leur village car certains guides de voyage disent que le tourisme contribue à maintenir la tradition. Les touristes vont les visiter comme on visite un zoo, ils les photographient et ce sont surtout les agences de voyage qui ramassent le cash. Donc, pour nous ce fut un non catégorique.

Autre chose étonnante, le guide du Routard suggère de donner de l’argent aux femmes qui fabriquent les cigarettes parce qu’elles travaillent fort. Je suis en désaccord parce que les cigarettes détruisent la santé et jamais je ne ferai de dons à ceux ou celles qui les fabriquent.

Finalement, nous avons passé 11 jours au lac Inle, c’est un record pour nous. Depuis que nous voyageons, nous ne sommes jamais restés plus de 5 jours au même endroit. Pourquoi 11 jours ici? Parce que nous avions acheté un billet aller retour pour 4 semaines au Myanmar et nous avons fui les autres villes à cause de la poussière surtout; donc ici on écoule du temps et c‘est le plus bel endroit du Myanmar.

C’est bien agréable. On fait des randonnées sur le lac, des trekkings dans les villages alentour et on visite souvent un monastère dans lequel on a établi contact avec le moine professeur qui prend plaisir à apprendre l’anglais en parlant avec nous.

En restant plus longtemps, les gens apprennent à nous connaître. Le propriétaire de l’hôtel nous a invités à souper.
 
CONCLUSION SUR LE MYANMAR
Le Myanmar, une dictature militaire et un des pays les plus corrompus au monde. Pourtant, des gens très très gentils, qui nous saluent avec de beaux sourires. C’est aussi, je crois le pays où le bouddhisme est le plus fort au monde. On voit des monastères partout, des temples, des pagodes, des petits sanctuaires dans chaque hôtel, etc.

Face à la dictature, on a l’impression d’une espèce de résignation impuissante. Il y aurait des espions partout et on a été avertis de ne pas parler de politique en public car c’est dangereux pour la personne à qui on parle car elle risque de se faire arrêter et condamner aux travaux forcés.

Par exemple, j’ai rencontré dans un village un homme qui m’a raconté un peu sa vie. Il avait un oeil crevé. Il m’a dit qu’il avait fait des études d’avocat et d’économiste. Il parlait pour la libération de son pays et il a été arrêté. Il a fait de la prison et les travaux forcés. Maintenant, il est libéré mais il n’a plus le droit de pratiquer sa profession et il vend des livres sur un coin de rue.

Aung Saan Suu Kyi a été élue avec plus de 90% des votes il y a vingt ans. L’armée l’a arrêtée et elle emprisonnée dans sa résidence sur le bord du lac à Yangon. Un journaliste américain est allé la voir à la nage; il a été arrêté et condamné à sept ans de prison. Les moines ont fait de grosses manifestations dans les rues il y a 2 ans. Les soldats sont entrés dans les monastères des meneurs, ils ont battu et arrêté plusieurs moines. Quel est le pouvoir du peuple devant une armée de soldats armés jusqu’aux dents? Quel est notre pouvoir comme touristes? Une sensibilisation internationale? L’ONU veut voter des résolutions mais la Chine, une autre dictature militaire, a un droit de veto et elle s’oppose. Donc, le pouvoir du peuple semble se résumer à une résignation. Les gens s’organisent dans leur pauvreté, il courbe l’échine comme ils le font devant les statues de Buddha... Et il garde le sourire.
...
On en voit des choses en voyage. « On ne vient pas ici pour leur dire quoi faire », pour citer Roger Fortin. Mais on peut affirmer discrètement nos valeurs et ils sont libres de remettre en question les leurs comme nous remettons en question les nôtres en prenant contact avec ces mœurs et coutumes différentes des nôtres. Le choc des valeurs est très intéressant. C’est pour cela que nous sommes venus ici et on continue notre voyage avec grand intérêts. C’est passionnant.
 

samedi 21 novembre 2009

Chiang Mai et les environs, l'aventure continue

Nous sommes dans la ville de ChianMai depuis une semaine. C’est cool. Nous avons acheté un trip de trois jours dans la jungle avec les services d’un guide. Ce fut le dépaysement presque total.

La première journée nous étions jumelés avec trois filles des Pays-Bas (la mère, sa fille, une amie de sa fille), et un couple d'Allemands. Le guide nous a d'abord amenés visiter un temple. Pour s’y rendre nous devions monter plusieurs marches et je me suis aperçue que la pauvre mère, agée de 59 ans, avait beaucoup de difficultés à monter et à respirer.

Apràs cette visite, nous avons ensuite marché quelques heures pour nous rendre à l’endroit où nous devions passer la nuit. Elle a eu tellement de difficultés à suivre que le guide a dû appeler quelqu’un pour venir la chercher en moto.

Arrivés à destination, il y avait un autre groupe d'une douzaine de touristes déjà là. Nous nous sommes installés dans une cabane où toute la gang devait dormir ensemble dans une hutte dortoir sur des lattes de bambou. Dure dure. Seul un filet nous séparait les uns des autres. Et que dire de la toilette!!! Un trou dans le plancher d'une cabane de paille. Wow! Après souper ça s’est mis à prendre un coup. Le guide avait apporté du wisky qu’il avait fait lui-même. Il avait une guitare et chantait très fort et très faux. On se demandait ce qu’on faisait dans cette jungle, predus au bout du monde.

La deuxième journée, on a demandé à avoir un guide privé parce que les jeunes se levaient à 10 heures et nous on voulait vraiment faire une bonne marche. On a marché 15 kms seuls avec un autre guide, ça a été bien plaisant.

La troisième journée, on a fait une balade à dos d’éléphant. Ca brasse en "ta", vraiment pas très agréable. Ensuite, nous avons descendu une rivière sur un radeau de bambou. On a beaucoup aimé. Et le retour à Chiangmai, on s'y sent comme chez nous.

Nous partons pour le Myanmar mardi le 24 novembre. On vous donne d'autres nouvelles aussitôt que possible.

Diane et Adrien

samedi 14 novembre 2009

Mae Sot, frontière Thaïlande-Myanmar
Diane et moi sommes venus ici pour avoir un avant goût du Myanmar car il y a beaucoup de réfugiés birmans ici. J’ai lu une petite histoire que je vous raconte en mes propres mots en me mettant dans la peau d’un de ces réfugiés.

Au Myanmar, je travaillais du lever au coucher du soleil pour faire survivre ma famille. Je voyais mes parents se sacrifier pour que mes enfants mangent suffisamment. Je rêvais de manger un jour du poulet au curry avec mon riz. Quand j’ai décidé d’émigrer en Thaïlande, mes parents n’étaient pas d’accord mais ils m’ont suivi car ils n’auraient pas pu vivre sans mon salaire.

Maintenant, en Thaïlande, j’ai obtenu un permis de travail et je gagne moins cher qu’un travailleur thaïlandais car l’employeur tire profit de ma situation. Ma famille mange mieux et une fois par semaine je mange du poulet au curry avec mon riz

jeudi 12 novembre 2009

1ère semaine, Bangkok

Nous sommes arrivés à Bangkok vers minuit en avion, classe affaire… par hasard. À Tokyo, la classe économique était « over booked » et par hasard ils nous ont choisis pour faire le voyage High Class jusqu’à Bangkok. On a accepté bien sûr!

Priorités de notre séjour dans cette ville :
- Adaptation au décalage horaire qui est de 12 heures.
- Ambassade du Myanmar pour le visa.
- Billet d’avion pour le Myanmar.

Pour l’adaptation, c’est assez spécial : en plein milieu de la journée, nous avons des envies de dormir assommantes et en plein milieu de la nuit, nous avons de longues périodes d’insomnie.

Il fait très chaud. Après 3 nuits, nous changeons d’hôtel parce que l’air climatisé, situé à moins de 500 mètres du lit, faisait plus de bruit qu’une éolienne.

Les formalités pour l’obtention du visa nous ont permis d’expérimenter le transport en commun en bateau et en bus. Le billet d’avion pour le Myanmar est acheté : départ le 24 novembre et retour le 20 décembre. En attendant, nous irons faire un tour dans le Nord de la Thaïlande pour un peu plus de fraîcheur.

Nous partons ce soir pour Mae Sot, une ville à la frontière du Myanmar. Il paraît qu'il y a là beaucoup de réfugiés birmans, ça va nous donner un avant goût de notre prochain pays.

samedi 19 septembre 2009

Même les grands voyages commencent par un pas

Premier message:

Les billets sont achetés Montréal-Bangkok, du 4 novembre 2009 au 28 avril 2010.

Intentions: Thailande, Myanmar, Laos et Chine.